Nos tutelles

CNRS UT3

Rechercher




Accueil > Relations Nationales et Internationales

Programme Siberie et steppes eurasiatiques

publié le , mis à jour le

Programme Siberie et steppes eurasiatiques

Laboratoire International associé COSIE (coévolution homme/milieu en Sibérie orientale), programme HUMAD-MAFSO (Human-Environment coevolution in Indigirka (Russian Federation) : frozen graves in present-day autochthonous populations programme de l’IPEV et programme HURASIE ( Peuplements humains et coévolution homme/milieu en Sibérie et dans la steppe eurasiatique au cours de l’holocène) du MAEE.

Au cours des dernières années le développement de la paléogénétique puis de la paléogénomique a permis de revoir des scénarios de peuplements anciens. Les origines de notre espèce, ses relations avec d’autres espèces, les phases de peuplement au cours de l’holocène et les interactions homme/milieu ont ainsi été totalement renouvelées. Ces études se sont essentiellement développées dans des milieux froids à tempérés, même si depuis cinq ans, le développement de nouvelles méthodes permet désormais de s’intéresser à des ADN de plus en plus dégradés. Dans ce contexte, le laboratoire AMIS, UMR 5288, a développé des programmes à l’interface biologie/culture sur le peuplement de la Sibérie et de sa frange sud, les steppes eurasiatiques et notamment de l’ensemble Sibérie, Altaï, Mongolie, du néolithique à la période contemporaine. A l’échelle de la planète, cette zone a été choisie car elle fournit de nombreux restes humains de toutes périodes particulièrement bien conservés par le froid et des problématiques complexes en termes de peuplement, notamment en ce qui concerne la succession et le métissage de populations d’origines européenne et asiatique. L’ensemble est cohérent : le peuplement de la Sibérie s’est réalisé, aux époques où nous l’apprécions via la steppe eurasiatique, qui sert de corridor de l’Europe à l’Asie et se termine sur le complexe spatial Altaï/Baïkal, et depuis ce corridor est/ouest via les grands fleuves sibériens sud/nord, véritables « autoroutes » en été comme en hiver. Cet ensemble est limité au nord par l’océan glacial arctique et au sud par toute une chaine de montagnes dont l’Altaï, véritable frontière biologique comme le montrent par exemple nos travaux actuels sur l’Age du bronze.

Deux grands objectifs ont formé la trame de programme :

(i) confronter les données biologiques, notamment génétiques, et culturelles au sein des ensembles funéraires et entre lieux et périodes ; (ii) étudier au cours des mêmes périodes la coévolution homme/milieu en prenant notamment comme facteurs d’évolution les maladies infectieuses et parasitaires. Avec les années ces programmes se sont structurés et le LIA franco-russe « Coévolution homme milieu en Sibérie orientale » sert de structure à ce travail. Afin de développer ce programme : (i) nous avons défini des spots Asie susceptibles de répondre à des questions précises intéressant les peuplements humains, leur variabilité et la coévolution homme/milieu ; (ii) nous avons formé un consortium international franco-russo-mon-gol qui réunit plus d’une vingtaine de chercheurs engagés sur des études de sites funéraires de toutes périodes afin de pouvoir réaliser des synthèses à l’échelle de cette vaste zone sur plusieurs millénaires.

zones de recherches
copyright AMIS

Les spots définis sont au nombre de trois :

- Pour l’Âge du Bronze, il s’agit des missions franco-mongoles de l’Âge du Bronze dans l’Altaï qui ont fouillé un vaste ensemble funéraire fournissant essentiellement des squelettes remarquablement bien conservés de l’Âge du Bronze (phase moyenne). Le but de cette mission est essentiellement d’éclaircir (en dehors de la confrontation biologie/culture) les relations entre populations d’origines européennes et asiatiques à cette période. La monographie de la nécropole est commencée.

- Pour l’Âge du Fer, il s’agit de la MAPES. Elle étudie un ensemble funéraire de l’élite Hunnu du centre de la Mongolie en développant toutes les possibilités d’études génétiques (homme, animal). Les bases de comparaison résultent de l’étude d’une nécropole du nord de la Mongolie fouillée précédemment et qui a donné lieu à une vaste monographie Le premier Empire des steppes en Mongolie publié début 2014.

- Pour les périodes médiévale et récente il s’agit des travaux de la MAFSO (Missions Archéologiques Françaises en Sibérie Orientale). Depuis 2002 la MAFSO a développé une problématique sur le peuplement de la Iakoutie à l’époque médiévale et moderne ainsi que sur les interactions homme/milieu dans ce qui est la région la plus froide de la planète habitée par l’homme en dehors de l’Arctique. Des dizaines d’articles mais surtout deux ouvrages, un article de synthèse, un article sur la variole et un article sur les relations de parenté et leur problématique ont été publiés. L’accent est actuellement mis sur l’interaction gènes/culture, sur les relations génétiques entre sites, l’ancestralité des sujets, les maladies infectieuses les maladies parasitaires liées au changement climatique.